L'araignée.

Ça n’est pas ta face cachée que je vois, c’est ton vrai visage, celui de la nuit, celui des ténèbres, un visage que tu réserves à ceux qui te défient, ceux qui ne sont pas dans tes clous, les clous de ce monde que tu t’es créé comme s’il était la dictature de tes phantasmes nourris à l’acide de tes névroses. Tu as beau dire, tu as beau faire tout ce que tu veux, c’est de l’air vicié que tu expires de ta bouche, de tes narines, du bon air qui se pourrit à l’intérieur de toi, au contact de ce que tu es, et qui contamine les autres, parce que tu ne diffères pas de tes multiples semblables qui, disons-le simplement, n’ont pas d’autres ressources que d’infuser le mal à celui qui leur semble aller bien, allez mieux, en tout cas mieux que vous tous réunis. Croyez-vous vraiment que nous avons été épargnés avant vous ?

Vous le tir groupé, la photo de groupe d’individus qui semblent être allés à la même école, l’école de ceux marqués, il y a longtemps, au fer rouge d’une souffrance incommensurable et non gérée. Cette souffrance insoutenable que vous traînez comme le prisonnier traîne son lourd boulet à la cheville, la désolation en cocarde, le deuil de vous-même en étendard. Vous qui pensez que nous n’avons jamais souffert autant que vous. Vous qui nous admirez, tout d’abord, avec, en arrière-plan du subconscient, l’idée que nous vous aiderons…ou que nous périrons.

Nous mettre en confiance, nous ouvrir les bras si grands que vous le confondez avec votre cœur, votre cœur pourtant mort, depuis si longtemps déjà. Votre cœur, cette zone de non-droit, même pour vous-même, ravagé cent fois par une bombe Hiroshima. Voilà votre méthode. Une méthode que vous n’admettrez jamais tellement votre monde intérieur, en ruines, embrumé, gazé, ne vous permet pas d’accéder aux mondes d’autrui et comparer, admettre votre état, un état dévasté, vide, ou résonnent à l’infini des voix d’enfants criant « à l’aide » au bord d’une falaise qui vous attire, vous aspire, alors que vous tentez le tout pour le tout pour vous raccrocher. Cette falaise, c’est votre blessure. Une blessure béante, un précipice dans lequel vous entraînez les autres parce que vous n’avez pas les couilles de vous y jeter vous-mêmes. Un gouffre que vous n’avez jamais pu colmater, et que vous remplissez de l’âme, de l’énergie, de l’optimisme de ceux que vous choisissez en vous présentant sous un jour qui n’existe pas mais qui fait illusion, toujours, puisque le paraître est la seule défense que vous ayez pu trouver dans ce combat que vous livrez avec vous-mêmes depuis si longtemps.

J’ai eu tant de peine pour vous. Mais mon empathie, je l’ai cimentée à force de vos malveillances, de vos mauvais soins, et de votre quête perpétuelle de vengeance irraisonnée et aveugle. Je n’en suis pas sorti indemne : je bois beaucoup, je me drogue parfois et je souris moins. Vous voyez, vous n’avez pas tout perdu ! Ce que, par contre, vous n’obtiendrez jamais de moi, c’est exactement ce que je suis. Jamais de la vie vous ne m’aurez. Et à chaque fois que vous vous êtes cassé les dents, que vous avez tenté de me briser tout entier, j'ai redressé l'échine. J’ai cette force, cette ressource, pour combien qui n’ont jamais pu se relever de vos troubles perfides et assassins…


Une très bonne élève de votre école m’a un jour avoué : « je me sens comme une araignée. J’attire les hommes dans ma toile…et puis je les vide. Ils repartent carpette ». La métaphore n’était hélas pas sexuelle. D’ailleurs, ça n’était pas une métaphore...

Mais l’araignée s’accroche à son fil, certainement pas à ses congénères. L’araignée aspire l’intérieur de sa proie pour se nourrir et répondre à ses besoins vitaux, certainement pas pour colmater ses béances mentales.

Et surtout l’araignée est bien plus belle et intéressante que vous. Elle, elle est louable.

Alors ne vous trompez pas de symbole.

A Naïma. A Samir. A Alain. Et à tous ces autres, nombreux, que je ne souhaite jamais rencontrer.



23 vues

© 2018 JFGKLUB.NET