L’ÉCHAPPÉE

Mis à jour : 24 juin 2019

L’an dernier dans ma jardinière, barricadée, confortée, protégée,

J’avais tout, c’est vrai, mais j’étais ton objet et j’étais déjà sur mes gardes.

Enjoliver ton été, c’était ma mission. Etre remplacée par d’autres envies, les beaux jours suivants, mon destin, selon toi.

Les bons soins, ceux que tu m’as promis, ceux que tu m’as prodigués, tout ça,

J’y ai tellement cru…

Tellement, que j’ai failli jouer mon rôle et me contenter de mon statut. M’oublier.

Cet hiver, j’ai même failli mourir pour laisser place à la suivante.

Je suis une fleur, mais même au pays des fleurs on distingue les bons sentiments des autres : ceux pleins d’entrain et de naïveté, qui deviennent l’arme à reproches dans un monde réel et infâme.

Le miel, les abeilles, les fleurs, c’est tout ce que vous pensez de nous.

Avec vos faces cachées, vos calculs, vos perfidies et vos souffrances que vous trimbalez comme des chevaux de trait qui tirent l’outil du labour, vous tentez de labourer nos âmes.


Nous les fleurs, nous nous parons de mille feux pour être aimées.


Pensez-vous vraiment qu’au pays des fleurs, le soleil brille tant qu’il nous aveugle ?

Tu m’arroses sans me laisser le choix et je te dois te dire amen ?


L’an dernier dans ma jardinière, et aujourd’hui coincée entre du bois, des graviers, et un morceau de plastique.

J’ai compris, je ne dois rien à ma compatriote fleur, et encore moins à toi, sombre humain qui jubile de son statut mais qui est si inconstant, lâche, manipulateur, pour ne pas dire si faible !

Parce que les fleurs n’ont pas plus de bonnes intentions, et parce que toi tu m’as foutue, l’an passé, dans cette jardinière pour que je t’appartienne !

Si les fleurs ne sont pas toujours bien dans leurs tiges, dans leurs pétales, et encore moins dans leurs pistils, pensez-vous mieux faire qu’elles? Quels moyens utilisez-vous vraiment pour colmater vos gouffres?


Je ris.


Fleur des villes, fleurs des champs, c’est le même combat ici-bas que par chez vous, Ô grands humains qui vous jouez de nous, et qui vous jouez de vos propres sorts sans même vous en apercevoir.

Moi, l'Échappée, j’ai compris.

Et même si j’ai peur parce que je me mets en péril, j’ai compris que je ne te dois rien, puisque ce que tu m’as donné, tu l’utilises pour TE reprendre. Oui, TE reprendre TOI, si ce n’est pour essayer, dans un ultime recours, de te sauver.

Tu veux m’arracher de là où j’ai décidé d’aller ?

Tu rêves…

Un jour tu donnes, et dès ce jour-là tu calcules.

Ce jour tu es là, et après tu feins de voir que j’ai besoin de toi ?

Aujourd’hui, au milieu du plastique et du gravier, j’ai décidé de briller.

Et je brille.

Seule.

Tu ne veux pas me voir, mais moi je sais que tu me vois.

Avec mes couleurs, avec ma rébellion, avec ma droiture, je te rappelle au bon souvenir de la médiocrité de là où tu es.

Tu me vois, et tu sais tout ça.

Comment peux-tu faire autrement, d’ailleurs, avec cette pénombre qui t’envahit ?

Tu pourrais m’arracher puisque je suis rebelle et provocante. M’ôter de ta vue parce que j’ai décidé de pousser à un autre endroit que celui que tu m’as imposé. Quel affront !

Pourtant c’est si simple : tu m’attrapes, tu tires sur mes racines, et c’est fini.

Allez, un peu de courage, bordel !

Ou un peu de couilles, toi qui es si « Homme » !

Tu sais ça aussi :

Rien de ce que tu me feras ne t’extirpera du mal dans lequel tu patauges, à loisir, depuis si longtemps et à l’infini.

Rien ne t’extirpera du mal dans lequel tu moisis.

Parce que, moi, de ça, je n’y peux rien.

Et dans ta noire conscience, tu le sais bien.

JFG

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