BIO

La plupart des biographies débutent par une date de naissance. La plupart des biographies sont assez prétentieuses. Il faut y décrire le milieu d’où l’on vient, les études qu’on a faites, les prix qu’on a reçus, ses opinions, sa démarche, même parfois son aspiration politique…comme si tout cela était gage de talent, sinon de sincérité.

Ma biographie à moi n’en sera pas une, en tout cas pas à l’image de celles que vous avez l’habitude de lire. Je vous préviens dès le début, ainsi vous ne serez pas obligés d’aller jusqu’au bout de mes lignes si ce contrat ne vous convient pas.

Biographie…

Rien que ce mot me semble pompeux. Comme si certains méritaient d’avoir une biographie et d’autres non. Comme si une biographie rendait plus important, était gage de valeur. Comme si peindre, écrire... et avoir un site internet pour le prouver était une sorte de preuve de supériorité intellectuelle. Bien sûr, et heureusement que non.

Ma valeur à moi, c’est ma sincérité. Dans ce que je suis, dans ce que je fais.

Oui j’ai fait des études littéraires.

Voilà.

Si cela peut rassurer quelqu’un…

Je suis né en plein été, pourtant cela ne fait pas de moi un soleil permanent. Je ne suis pas là pour briller, ni pour dire, d’humeur égale et robotique, que tout est beau et formidable. D’ailleurs, on dit même parfois que je suis froid comme la glace. Froid, distant et même prétentieux. Je le suis, oui, rarement mais parfois, et ça dépend avec qui…

Des qualificatifs réducteurs et faciles qui sont à l’opposé de ce que je suis vraiment, mais qui me servent de filtre vis à vis de ceux qui ne cherchent pas midi à quatorze heures. Moi je me connais, j’ai suffisamment morflé et travaillé pour ça : bienveillant envers l’autre, et c’est pour moi le plus important. Je sais aussi regarder le monde, les autres, et moi-même en face.

Et ça aussi c’est important, sinon primordial.

La seule vérité est que je suis parfois lunaire, et surtout moi-même. La seule vérité est que ça n’est pas au travers de ma biographie que vous saurez qui je suis vraiment, je vous préviens tout de go, ou plutôt, je vous le rappelle. Je me suis suffisamment livré dans mon existence pour savoir que c’est le meilleur moyen de se brûler les ailes. Etre soi-même ne signifie pas tout donner, se livrer en pâture, tout justifier. C’est un conseil de vie, au travers de ma fausse biographie, que je vous donne : ce que vous êtes vraiment ne regarde que vous-même, sinon vous servirez d’appâts, ou effraierez. Vous ne confierez un peu plus de vous qu’à ceux qui sauront comprendre.

Ça ne sera même pas au travers de mes œuvres que vous en connaitrez plus de moi. Une œuvre, ça s’approprie. L’œuvre d’un artiste est livrée à la sensibilité et à l’interprétation de celui qui la reçoit. L’intention de l’artiste n’a d’intérêt que si elle concorde avec les attentes de celui qui la réceptionne. La vie de l’artiste, ce qu’il est, sincèrement, n’a aucune espèce d’importance, et ne doit pas en avoir, car l’artiste livre ce qu’il veut bien livrer: une part de lui, une part fantasmée. L’artiste est acteur, mais lorsqu’il joue, il donne tout, et pour vous.

Inutile d’essayer de faire le tri entre le vrai et le faux, cette démarche ne devant s’effectuer que dans un rapport social et humain, et au-delà de la création. L’artiste souhaite simplement procurer de l’émotion. Transmettre des rires, des larmes, n’importe quoi qui touchera.

Qui est vraiment l’artiste ? On s’en fout. Et je pense réellement qu’il faut s’en foutre, pour employer un mot de mon vocabulaire habituel.

L’artiste ne cherche que des « parents » à ses créations. Il travaille un peu, ou en quelque sorte, à l’Assistance Publique.

Ça n'est pas moi que vous devez chercher à connaitre, mais mon travail. Vérifier s’il vous touche, vous interpelle. Attiser votre curiosité. Et sortir des sentiers battus ou dictas commerciaux.

Si vous n’avez que ça à faire, et je ne le vous souhaite sincèrement pas, demandez-vous pourquoi je mets des bigoudis dans ma barbe, ou pourquoi je mets des talons, ou des faux cils, et pourquoi je ne souris pas souvent sur mes photos.

Pourquoi tout ça.

Ce questionnement peut occuper. Pas trop longtemps, je l’espère. Mais si c’est plus fort que vous...

Ma bienveillance va avec mon altruisme et mon empathie. Le reste de moi, je ne peux pas vous le donner puisque je ne sais pas qui vous êtes.Vous en feriez vous-mêmes autant.

L’important, c’est que mon travail vous touche.

Et je vous remercie sincèrement d’être passés par-là, d’être allés au bout de mes lignes…qui ne sont pas de cocaïne.

J’aime un peu la provocation, je l’admets.

C’est un indice.

Je remercie feue Naïma, fugace rencontre, de m'avoir ouvert encore plus grands les yeux sur la perverse nature humaine.

 

                                                                                        JFG

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